MIRAGE 2000C 1/48 EDUARD
MONTAGE
« Reboîtage » de la vénérable maquette Heller, on était en droit de s'attendre, de la part du fabricant Tchèque, à une remise à niveau un peu plus conséquente. Hélas, ce n'est pas tout à fait le cas, et au lieu d'un montage pépère comme je l'espérais, ce fût un long « chemin de croix ».
Tout commença par le cockpit où malgré le rajout de pièces en photodécoupe pré-peinte, beaucoup de choses restent à faire, notamment la zone derrière le siège qui est désespérément vide et qui aurait mérité un joli insert dont Eduard a le secret. A l'aide de carte plastique et de différents profilés Evergreen, elle a été meublée. Rien de bien difficile quand on a de la bonne doc et… beaucoup de patience. L'ensemble est de couleur gris bleu foncé, un mélange de XF-23 et H77, couleur utilisée, aussi, pour le tableau de bord (et non pas noir comme donné par Eduard). (Photo 01)
Etant donné le manque de point de repère, la mise en place de la baignoire à l'intérieur du fuselage (vrillé de surcroît) fut un peu acrobatique et il fallut procéder à de nombreux essais à blanc pour arriver à avoir quelque chose de conforme. Et ce n'est qu'après quelques jurons bien placés qu'on pouvait coller les ½ coquilles, non sans avoir, au préalable, découpé la casquette (elle sera refaite plus tard) et réalisé différentes ouvertures, dont la trappe de la prise « parking », quasiment indissociable du 2000 au sol, et les évacuations des gaz chauds de chaque coté du pied de la dérive. (Photo 02)
Et de découvrir, alors, avec horreur que les lignes de structure à la jonction étaient décalées et qu'il y aurait séances de masticage et de gravure. Gravure qui a, finalement, était entièrement reprise car beaucoup trop « molle », ce qui m'a permis de déceler des erreurs sur l'emplacement de certains panneaux et surtout, la forme erronée du raccord fuselage/dérive.
Comme je l'ai dit plus haut, la casquette moulée avec les ½ fuselages est passé à la trappe. Cette dernière, formée de trois panneaux grillagés, a été refaite en utilisant des filtres à peinture sur lesquels sont collés des profilés Evergreen pour la structure. (Photo 03)
Il ne restait plus qu'à mettre en place le pare-brise, après l'avoir thermoformé. (Photo 04)
En effet, il est assez fréquent, notamment sur des maquettes relativement anciennes ou en « short-run », que les parties transparentes soient inutilisables et ce, même après les classiques opérations de polissage et bain de Klir. Il existe alors une technique simple qui ne demande pas de matériel onéreux pour refaire ces pièces :
1) Le rhodoïd provient ici de boites d'emballage. On peut aussi utiliser des transparents pour rétroprojecteur. La pièce est remplie de blue-tack avant d'être « plantée » sur la tige.
2) La feuille est ramollie à la chaleur jusqu'à ce qu'elle s'affaisse légèrement. Le temps de chauffe est très important : trop, elle va se déchirer. Pas assez, elle n'épousera pas suffisamment la forme.
3) Avec un mouvement rapide et régulier, on tire sur la feuille jusqu'à ce qu'elle recouvre entièrement la pièce. Cette dernière ne sera pas enlevée de suite. Elle servira de guide lors de la découpe au cutter.
4) Les montants sont refaits en scotch alu puis la pièce est trempée dans du Klir pour la protéger. (Photo 05)
La verrière, par contre, est tout à fait acceptable. J'ai juste donné un peu de volume à l'armature interne à l'aide DE carte plastique.
Le siège en résine est tout simplement magnifique. Seul le harnais en photodécoupe vient un peu gâcher l'ensemble. Il a été refait, histoire de lui donner un peu de volume. De la feuille de plomb a, pour cela, été utilisée. Elle est découpée en fines bandelettes, complétée avec des boucles de chez Reheat Model. Il est, ensuite, peint au pinceau avec des acryliques Prince August. Elles ont un très bon pouvoir couvrant et sèchent relativement vite. La patine est faite aux huiles Rembrandt en utilisant la technique des fondus, chère aux figurinistes. (Photo 06)
Passons maintenant à ce qui allait s'avérer être une véritable prise de tête : le canal de postcombustion et la tuyère.
Heller fournit une pièce qui peut se satisfaire à elle-même si on n'est pas trop difficile. Mais comme ce n'est pas mon cas, hélas, j'ai décidé de tout refaire.
J'ai commencé par désolidariser la tuyère du canal et après une séance de ponçage pour affiner au maximum le plastique, je l'ai recouverte avec les pétales fournis en photodécoupe par Eduard. Les biellettes d'actionnement sont ensuite rajoutées.
Le conduit est, dans la réalité, fait en tôle ondulée et non lisse. J'ai d'abord pensé utiliser la même technique que pour le Mirage III (pots de Petit Suisse) mais les ondulations étant perpendiculaires à l'axe du tube, elles s'écrasaient lorsque je formais le cylindre. Je me suis donc fabriqué un petit outil sur lequel j'ai embouti un morceau de feuille de plomb qui, après qu'il ait été peint, a été gentiment roulé autour d'un tube. Il ne restait plus qu'à faire la rampe PC (le résultat n'est pas parfait mais fait illusion une fois en place), peindre le tout dans des tons de Beige relevés avec des jus de différentes couleurs : Vert, Orange, Noir et Terre, et je pouvais insérer l'ensemble dans le fuselage. (Photo 07)
J'ai alors eu la désagréable surprise de voir que la tuyère avait un diamètre supérieur au croupion, créant de ce fait une marche d'escalier qu'il a fallu rattraper au Milliput. Et tant qu'à être dans la maçonnerie, j'ai remis en forme le raccord dérive/fuselage à grand renfort de carte plastique et de mastic. Il a été ensuite recouvert d'alu autocollant pour représenter le Karman. (Photo 08)
A noter à l'intérieur du fuselage, les deux entretoises qui ont servi à écarter les ½ coquilles pour pouvoir ajuster au mieux les ailes. À noter aussi une petite erreur de ma part puisque il ne devrait y avoir, sur le dessus, que trois bouchons de remplissage et non quatre comme je l'ai représenté : deux à gauche et un à droite (proche de la verrière).
Cette fois, c'en était bel et bien fini et j'allais de ce pas voir du coté des ailes comment cela se passait.
La gravure, bien que plus jolie, n'était pas à mon goût ; toujours ce manque de profondeur qui va poser problème lors du passage du jus. J'ai donc ressorti mon outil et j'ai tout repris. Opération rapide puisque il n'y a pas eu de corrections à apporter. La suite a été moins amusante.
Un premier essai à blanc a montré des ajustements catastrophiques au raccord Karman et il a fallu employer les grands moyens pour s'en sortir. Deux entretoises ont été mises en place pour écarter les 1/2 fuselages et réduire au maximum les « gouffres », la finition se faisant au mastic. Le Karman est ensuite recouvert de scotch alu autocollant pour lui donner une légère surépaisseur. Les têtes de boulons, visible dans les trous, sont faites à l'emporte pièces dans de la carte plastique fine et les écopes sont remplacées par d'autres faites en feuille d'alu mise en forme sur la pièce d'origine. (Photo 09 et Photo 10)
A l'intrados, si les joints sont à peu près corrects, du coté des puits de trains c'est le grand vide. Et même si les trappes principales seront fermées, j'ai voulu donner du relief à cette zone. Un peu de carte plastique et fil d'étain m'y ont aidé. Ils sont peints en Gunze H307 mélangé à du Blanc, à parts égales, en fait de la couleur de l?intrados. Un jus Noir de bougie et un autre Terre d'Ombre, plus localisé, sont diffusés dans les creux. Les arêtes sont éclairées avec un drybrush gris clair. (Photo 11).
Le gros oeuvre enfin terminé, il ne reste qu'à installer les derniers « accessoires ». A savoir, les aigrettes et les antennes, toutes quatre refaites en carte plastique pour gagner en finesse. (Photo 12)
Les canons refaits en micro-tubes, les briseurs d'onde représentés simplement en utilisant du fil d'étain. Il est d'abord enroulé autour d'une tige pour obtenir des anneaux qui sont écrasés avec une pince puis coupés à la bonne dimension et le boitier lance-leurres fait en carte plastique. Enfin, la perche de ravitaillement, passablement affinée, et dont le gland a été remplacé par un de la marque Ravmodels, disponible chez www.s mds.ws. (Photo 13, Photo 14, Photo 15)
PEINTURE
Il aurait dû être gris-bleu clair / gris-bleu foncé mais en lisant un article sur la 1ère guerre du Golf, je suis tombé sur une photo du N°74, repeint à titre d'essai en 2 tons de marron du plus bel effet. Ce camouflage expérimental a été appliqué sur place, à Al-Ahsa (Arabie Saoudite), sur celui d'origine. Il s'inspire de celui porté par les Jaguar Français de Daguet. De plus, cette peinture provisoire avait une fâcheuse tendance à partir par plaques, laissant apparaitre la couleur originelle. Unique et original, il n'en fallait pas plus pour me décider.
Trouver les bonnes couleurs est une gageure tellement elles peuvent varier en fonction de l'environnement (il suffit de regarder des photos du 2000 pour s'en rendre compte). Ici, point de FS, RLM ou RAL mais Celomer et, à ma connaissance, en acrylique il n'y a que JPS Modell (www.jpsmodell.de) qui possède ça dans sa gamme. N'ayant pas ces peintures en stock, je suis parti sur des mélanges à base de Gunze. Pour le Gris-bleu clair (Celomer 1625), un mélange à parts égales de H307 et de blanc, et pour le Gris-bleu foncé (Celomer 1620), un mélange à parts égales de Blanc et H42. La couleur du radome, différente de celle de l'intrados, est un mélange de H307 et de H42. Les décalques sont de bonne qualité et se posent sans problème. Eduard fournit la totalité des stencils : de quoi s'occuper pas mal d'heures. (Photo 16)
L'intrados a été copieusement sali en utilisant un large panel de coloris : orange, marron rouge, terre, Deck Tan, bleu foncé, noir. Les jonctions entre les parties fixes et mobiles sont soulignées d'un trait couleur Terre (H72). Le but étant de cassé la monotonie de la couleur de base pour la rendre plus attractive tout en restant dans le réel. (Photo 17)
La plupart des coulures ont été faites à l'aérographe, à très basse pression (~ 0,5 bar) et en utilisant une peinture extrêmement diluée (~ 95%). La dilution est faite à l'alcool à 90° pour avoir un séchage rapide et éviter, ainsi, à la peinture d'être chassée par l'air. Le déplacement de l'aérographe doit être rapide pour ne pas surcharger. (Photo 18 et Photo 19)
Les charges externes se sont limitées au bidon central, fort joliment moulé en résine par Eduard, et… c'est tout. N'étant pas fan des avions « chargés », l'armement a rejoint la boite à rabiot. La couleur bien particulièrement des pylônes d'aile est obtenue à partir d'un mélange de H312 et H313, à parts égales passé en voiles transparents sur une base alu. (Photo 20)
A l'extrados, le premier travail a consisté à passer les deux tons de gris aux endroits qui, par la suite, seront éraillés puis à les masquer avec de la bande cache ou du Maskol avant d'appliquer le camouflage définitif. Ici aussi, il a fallu y aller au feeling pour trouver ces couleurs car elles n'existent pas toutes prêtes. Pour la couleur sable, j'ai fait un mélange, à parts égales, de H318 et de H55 et pour la teinte café au lait, 1/3 de XF-52 mélangé à 2/3 de blanc. La démarcation légèrement floue est faite en utilisant des masques flottants. L'aérographe doit être tenu bien perpendiculaire à la surface pour éviter que celle-ci ne passe dessous. Au final, un voile de H321 a été pulvérisé sur l'ensemble de la maquette pour fondre les 2 couleurs. (Photo 21)
Plusieurs jus de différentes couleurs sont diffusés dans la gravure : Ocre plus Bitume pour la couleur sable, Bitume pour la couleur marron, Rouille foncée pour les lignes de rivets et Noir à la jonction des parties fixes / mobiles. (Photo 22)
Les salissures, moins appuyées que sur le dessous, se sont concentrées essentiellement à l'arrière de l'appareil. Enfin, un voile de vernis mat a clôturé la séance de peinture (Photo 23, Photo 24, Photo 25).
Le montage n'était cependant pas fini puisqu'il y avait, encore au fond de la boite, le train qui attendait qu'on s'intéresse à lui.
Première opération, refaire les vérins de rétraction, beaucoup trop grossiers et affiner au maximum les jambes. Ensuite, vint le grand moment de solitude quand il a fallu mettre en place les différents câbles et tubulures. Ca part dans tous les sens et malgré une bonne quantité de photos, il a été parfois difficile de s'y retrouver.
Je n'ai pas utilisé les roues du kit car, suite à une discussion sur un forum, j'ai appris que les pneus du train principal lors de DAGUET étaient striés et non lisses comme ceux de la boite. Un collègue m'en a donc gentiment fourni un jeu de la marque Renaissance : résine pour la jante et vinyle pour le pneu. (Photo 26)
Il ne restait plus qu'à les mettre en place ainsi que la verrière et les différentes sondes et antennes et je pouvais boucler ce montage.
Une dernière petite chose, encore, avant de clôturer le chapitre, l'échelle a été refaite en profilé plastique en prenant exemple sur celle en photodécoupe de chez Renaissance.
CONCLUSION
Ce n'est certes pas une maquette qui se monte en secouant la boite (où serait d'ailleurs le plaisir ?) mais elle reste, malgré tout, la meilleure représentation du 2000 à cette échelle.
